La mondialisation que nous voulons
octobre 2004
Une autre mondialisation est possible, dit-on... Oui, mais laquelle ?
Ceux qu’on appelle désormais les "altermondialistes", après avoir été des "anti-mondialisation", se battent contre un capitalisme mondialisé, où l’argent se déplace selon le plus gros profit attendu, sans cure des gens que ces mouvements de capitaux pourraient broyer. Le tout sous l’œil vigilant d’accords internationaux qui ne laisseront pas des considérations sociales ou environnementales ralentir cette belle marche. On oppose à cette mondialisation libérale une mondialisation juste, un village global où touTEs seraient frères (et sœurs), où le commerce deviendrait équitable et le tourisme éthique. Les rapports, marchands ou humains, matériels ou immatériels, entre habitantEs de ce village qui en a six milliards, seraient aussi nombreux, leur croissance serait aussi rapide, la différence essentielle étant que les unEs ne broieraient plus les autres. L’idée de ce village global fraternel (et sororal), juste et équitable, est bien sûr plus belle que le monde dans lequel nous vivons. Elle me semble tout de même, à moi jeune écolo, assez dangereuse.
Car si on aura réglé les méfaits sociaux de la mondialisation capitaliste, restent les conséquences environnementales d’un tel mode de vie. Continuer à faire transiter du Sud vers le Nord des marchandises équitables, faire voyager des millions de touristes solidaires, tout ça a un coup environnemental dont les altermondialistes semblent rarement se soucier. Parce que le désir d’exotisme, l’envie de se connaître mieux en portant des foulards vietnamiens, en mangeant des bananes costaricaines ou en passant ses vacances au Maroc, ça c’est sacré, inéluctable comme d’autres disent. Devant ces altermondialistes nous choisissons de nous assumer en tant qu’"anti-mondialisation". Contre les désastres environnementaux d’une mondialisation dévoreuse d’énergie pour les transports qu’elle suscite, nous prônons une relocalisation de l’économie. Il ne s’agit pas de repliement sur soi, de rêve d’autarcie. Mais il est essentiel pour éviter l’effet de serre, catastrophe écologique qui s’annonce, de réduire le transport des marchandises et des humains, qui consomme des énergies fossiles et rejette des gaz à effet de serre. Pendant qu’ATTAC et les autres proposent une taxe sur les mouvements de capitaux, nous proposons une autre taxe sur les produits pétroliers, taxe qui prendrait enfin en compte le coût environnemental de ces transports qui sont l’âme de la mondialisation. Chiche ?
